DeepData : un trésor d’informations sur la biodiversité des abysses… mais à quel prix ?
DeepData

un trésor d’informations sur la biodiversité des abysses… mais à quel prix ?

Pourquoi parle-t-on de DeepData ?

DeepData : une base essentielle pour comprendre les grands fonds océaniques

L’Autorité Internationale des Fonds Marins et la gestion des abysses

L’Autorité Internationale des Fonds Marins (ISA) est une organisation intergouvernementale créée en 1994 sous l’égide des Nations Unies. Son rôle est de réguler l’exploration et l’exploitation des ressources minérales des fonds marins situés au-delà des juridictions nationales. La zone principalement concernée est la Zone Clarion-Clipperton (CCZ), une vaste plaine abyssale du Pacifique central, riche en nodules polymétalliques.

Toute activité dans ces zones doit être accompagnée de programmes de surveillance environnementale, ce qui a conduit à la création de DeepData, la base de données officielle de l’ISA.

Un enjeu d’actualité

face à l’émergence des projets

d’exploitation minière sous-marine.

DeepData : une base de référence pour l’exploration des abysses

DeepData a été lancée en 2019 avec un double objectif :

  1. Centraliser toutes les données environnementales collectées par les entreprises et institutions réalisant des explorations minières sous contrat avec l’ISA.
  2. Faciliter l’analyse scientifique pour mieux comprendre la biodiversité des abysses et évaluer les impacts des activités humaines.

Elle regroupe des informations sur :

  • Les espèces recensées (faune benthique et pélagique).
  • Les paramètres environnementaux (température, salinité, pH, oxygène, courants).
  • Les relevés géologiques des fonds marins.

Depuis 2021, une partie de ces données est également intégrée dans l’Ocean Biodiversity Information System (OBIS), une base de données mondiale dédiée à la biodiversité marine, afin d’améliorer leur accessibilité et interopérabilité.

Un outil clé pour protéger les écosystèmes abyssaux

Les grands fonds marins sont parmi les écosystèmes les moins connus de la planète, mais aussi parmi les plus vulnérables. Ils abritent une faune unique, adaptée à des conditions extrêmes :

  • Pressions de plusieurs centaines de bars.
  • Températures proches de 0°C.
  • Alimentation limitée, principalement via la neige marine (débris organiques tombant depuis la surface).

DeepData permet aux scientifiques d’analyser la diversité et la répartition des espèces, et donc d’identifier les zones particulièrement sensibles à protéger face aux futures exploitations minières.


Cependant, la fiabilité des données est cruciale. Des erreurs taxonomiques, des doublons et des lacunes dans l’identification des espèces compromettent leur utilisation pour une prise de décision éclairée. Améliorer DeepData, c’est donc mieux comprendre et mieux protéger les abysses.

Pourquoi parle-t-on de DeepData ?
  1. Base de données de l’Autorité Internationale des Fonds Marins (ISA).
  2. Rôle clé pour la compréhension des écosystèmes des grands fonds océaniques.
  3. Un enjeu d’actualité : face à l’émergence des projets d’exploitation minière sous-marine.

1. DeepData, c’est quoi ?


Depuis 2021, une partie des données de DeepData est intégrée à l’Ocean Biodiversity Information System (OBIS), une plateforme mondiale qui regroupe des informations sur la biodiversité marine. Gérée par la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO, OBIS permet de croiser les données de DeepData avec d’autres bases scientifiques, améliorant ainsi leur accessibilité et leur interopérabilité. Cette intégration facilite l’analyse des écosystèmes des abysses et contribue à une meilleure compréhension de la répartition des espèces marines à l’échelle globale.


La majeure partie des données provient de la Zone Clarion-Clipperton (CCZ), une vaste plaine abyssale située dans le Pacifique central, entre Hawaï et le Mexique. Cette région, qui s’étend sur environ 6 millions de km², est particulièrement riche en nodules polymétalliques, des formations minérales contenant des métaux rares convoités pour l’industrie. Elle abrite également une faune unique, dont de nombreuses espèces encore inconnues. L’exploitation potentielle de ces ressources soulève des inquiétudes quant à l’impact sur ces écosystèmes fragiles, rendant l’amélioration de DeepData essentielle pour évaluer et limiter ces risques.


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2. Des informations essentielles, mais des limites importantes


La base de données DeepData souffre de plusieurs limites, notamment un manque de rigueur dans la classification des espèces. Des erreurs taxonomiques, des doublons et des identifiants manquants compliquent l’analyse scientifique et réduisent la fiabilité des données. Ces problèmes freinent l’évaluation précise de la biodiversité abyssale et peuvent entraîner des biais dans les études d’impact environnemental.


Depuis son intégration avec OBIS, l’accessibilité des données a progressé, permettant une meilleure interopérabilité avec d’autres bases scientifiques. Cependant, des lacunes persistent, notamment en raison d’un manque d’harmonisation des méthodologies et de la variabilité des sources. Une amélioration de la qualité des données reste essentielle pour garantir leur utilité dans la recherche et la conservation des écosystèmes des grands fonds.

Quels risques pour la biodiversité des abysses ?

L’exploitation minière des grands fonds présente un risque majeur pour la biodiversité abyssale, un écosystème fragile et encore largement méconnu. L’extraction des nodules polymétalliques entraîne la destruction des habitats benthiques, qui se régénèrent extrêmement lentement, voire pas du tout. Le passage des engins d’extraction soulève également d’immenses panaches sédimentaires, susceptibles d’étouffer les organismes filtrants et de perturber les écosystèmes sur des kilomètres. De plus, les vibrations, le bruit et les rejets chimiques modifient profondément l’environnement, menaçant la survie des espèces adaptées à ces conditions extrêmes.

L’importance d’une taxonomie fiable pour évaluer les impacts de l’exploitation minière

Pour mesurer avec précision les conséquences de l’exploitation minière, il est essentiel de disposer d’une taxonomie rigoureuse et fiable des espèces abyssales. Une classification erronée ou incomplète entraîne une sous-estimation de la biodiversité et une mauvaise évaluation des dommages causés aux écosystèmes. Or, les bases de données actuelles, y compris DeepData, comportent de nombreuses erreurs taxonomiques et des identifiants manquants, rendant difficile l’identification des espèces menacées. Sans un référentiel précis, les mesures de protection risquent d’être inefficaces et d’exclure des organismes encore inconnus de la science.

Exemples d’espèces rares ou méconnues peu prises en compte dans les analyses

Les abysses abritent une faune unique, souvent endémique, qui joue un rôle clé dans l’équilibre des écosystèmes marins. Parmi les espèces menacées par l’exploitation minière, on trouve des éponges siliceuses, qui forment des récifs structurants, ainsi que des concombres de mer, essentiels au recyclage des sédiments. Certaines espèces de poissons abyssaux, comme le poisson-ogre ou le poisson-pelican, sont également vulnérables à la destruction de leur habitat. Cependant, de nombreuses formes de vie restent encore non décrites par la science, ce qui signifie que leur disparition pourrait survenir avant même leur découverte.

Pourquoi ces zones profondes sont cruciales pour l’écosystème global

Les abysses jouent un rôle fondamental dans l’équilibre écologique de la planète. Elles participent au cycle du carbone en stockant de grandes quantités de matière organique et influencent les échanges entre les différentes couches océaniques. De plus, ces écosystèmes abritent des organismes capables de produire des molécules bioactives aux applications médicales prometteuses. Enfin, la biodiversité abyssale contribue à la résilience des océans face aux changements climatiques. Altérer ces milieux sans en mesurer précisément les conséquences pourrait avoir des répercussions bien au-delà des fonds marins, affectant l’ensemble de la chaîne alimentaire océanique et la régulation du climat mondial. 🌍🌊

4. Améliorer DeepData : les recommandations des chercheurs

  • Mettre en place des identifiants uniques pour chaque enregistrement.
  • Collaborer avec des taxonomistes pour fiabiliser l’identification des espèces.
  • Harmoniser les formats de données pour une meilleure interopérabilité.
  • (CCZ), une région clé pour l’étude de la biodiversité abyssale.
Le document intitulé "A review of the International Seabed Authority database DeepData from a biological perspective: challenges and opportunities in the UN Ocean Decade"
Zone Clarion-Clipperton

La zone de fracture de Clipperton, située dans l'océan Pacifique, est une structure géologique sous-marine d'environ 7 240 km de long. Elle est riche en nodules de manganèse, attirant l'attention pour l'exploitation minière en eaux profondes. En plus de sa valeur minière, la région abrite une biodiversité marine unique, avec de nombreuses espèces nouvelles pour la science. Cette zone est régulée par l'Autorité internationale des fonds marins, qui supervise l'exploitation minière et la conservation.

Espèces relevées sur la zone
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Alors que le programme DeepData a été lancé en 2019, nous observons une disparition totale es relevés d'espèces marines dans la Zone Clarion-Clipperton depuis 2021.

(Data clip depuis l'API drow Obis + Gbif datasets)


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Zone Clarion-Clipperton meaning areas

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Résumé
Le document intitulé "A review of the International Seabed Authority database DeepData from a biological perspective: challenges and opportunities in the UN Ocean Decade"

analyse la base de données DeepData de l'Autorité internationale des fonds marins (ISA) lancée en 2019. Cette base vise à centraliser les données environnementales et biologiques collectées lors des explorations minières des fonds marins, notamment dans la zone Clarion-Clipperton (CCZ) du Pacifique central.


Les auteurs soulignent l'importance de disposer de données de biodiversité de haute qualité pour comprendre les écosystèmes profonds et élaborer des politiques environnementales efficaces, surtout face aux projets potentiels d'exploitation minière des fonds marins. Ils évaluent la base DeepData selon les principes FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, Reusable) et identifient plusieurs défis :


  • Duplication des ensembles de données : présence de doublons qui peuvent fausser les analyses.
  • Absence d'identifiants uniques pour les enregistrements : rendant difficile le suivi et la référence des données spécifiques.
  • Problèmes de qualité taxonomique : incohérences et erreurs dans la classification des espèces.


Cependant, des améliorations notables ont été observées depuis la publication des enregistrements de DeepData sur le nœud ISA de l'Ocean Biodiversity Information System (OBIS) en 2021, notamment en termes de qualité et d'accessibilité des données. Malgré ces progrès, des limitations subsistent, notamment dans l'utilisation des identifiants et la précision des informations taxonomiques, souvent dues à une mauvaise correspondance des données entre le modèle de données environnementales de l'ISA et la norme Darwin Core lors de l'intégration avec OBIS.


Les auteurs recommandent plusieurs actions pour améliorer la base DeepData :

  1. Améliorer la gestion des identifiants : adopter des identifiants uniques et persistants pour chaque enregistrement afin de faciliter le suivi et l'intégration des données.
  2. Renforcer la qualité taxonomique : collaborer avec des experts taxonomiques et utiliser des référentiels reconnus pour assurer l'exactitude des classifications.
  3. Éliminer les doublons : mettre en place des procédures pour identifier et supprimer les enregistrements en double.
  4. Aligner les standards de données : assurer une correspondance précise entre le modèle de données de l'ISA et les standards internationaux comme Darwin Core pour faciliter l'interopérabilité.

En conclusion, bien que DeepData représente une avancée significative pour la centralisation des données biologiques des zones situées au-delà des juridictions nationales, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour améliorer sa qualité et son utilité pour la recherche et la gestion environnementale.

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